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Travailler ensemble

La formule est triviale « nous aidons les gens à mieux travailler ensemble ».
Cela fait sourire, résonne dans l'expérience vécue. Chacun sait combien l'autre est un empêcheur de tourner en rond. Cela se vit même avec l'être aimé ou avec l'ami complice. Certes, il est bien agréable de converser, de confronter les idées, de solliciter un avis, de s'inspirer d'autres travaux, et même de participer à un moment de créativité à plusieurs. Pourvu qu'au final, la décision, l'action ne relève que de soi.

La négociation, l'explication d'un choix, d'une manière de faire tout cela coûte ; même l'énonciation simple d'une alternative dérange quand l'action prime sur l'évaluation de la pertinence de solution. Qui ne connaît ce dialogue : « On passe à droite », « Ah bon, mais on peut aussi passer par la gauche » « Ah ! cela m'aurait étonné, je reconnais ton esprit de contradiction ».

Bref, travailler ensemble, coopérer cela peut s'avérer très fatigant, très pénible, déjà à deux, alors à 10, à 20, à 100 ou à 200, comment y parvenir ? qu'est-ce que cela veut dire au juste travailler ensemble ? est-ce une simultanéité ou un enchaînement ?

Et pourtant, la coopération est un modèle omniprésent dans l'organisation contemporaine du travail. Au delà de la coordination de tâches, d'activités, d'équipes ou de personnes selon des processus normés, la coopération est proposée comme moyen de traiter l'imprévisible, l'incident, l'itération entre la norme et le réel, entre ce qui a été imaginé a priori et ce qu'il est possible de faire en fonction des événements survenus et des actions des autres, l'ajustement.

La coopération est vantée comme source d'ouverture à la diversité et au différent, d'adaptation, d'innovation.
« Parlez-vous, échangez, travaillez ensemble » deviennent des mots d'ordre. Jusqu'à ces dirigeants de grandes entreprises qui font de la capacité à coopérer la base de la compétence de l'ingénieur.

Demain, dans la société de la connaissance, nos modèles d'élaboration et d'échange des savoirs seront fondés sur des coopérations formelles ou informelles, directes ou indirectes, instrumentées ou non par internet et par les autres dispositifs de communication.

On s'imagine atome bombardé d'électrons, malmené, percuté, transformé. Peut-on encore penser avec de tel passage à tabac ? Cette vitesse et cette multiplicité ne sont-elles pas antagoniques avec la mise en forme des idées qui réclame un temps lent, un choix des mots, une itération entre des formes inabouties pour produire progressivement une représentation plus satisfaisante ?

Il nous faut apprendre à jouer avec les temporalités. Fonder la mobilité des corps et des esprits sur ces articulations de vitesse et de rapidité. Toute notre société, dans le territoire, dans la ville comme dans l'organisation du travail semble prise par la conception de ces dispositifs régulateurs. Les dispositifs deviennent alors des gardes-fous autant que des catalyseurs.

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